Ishmaël, le gorille, nous révèle notre vision du monde destructrice

Il y a plus de dix ans je découvrais le livre de Daniel Quinn « Ishmaël » qui m’avait fait forte impression (ce que j’en disais à l’époque). A force de le prêter, je l’ai perdu et pas retrouvé car il est épuisé, en tout cas en français. Mais on peut maintenant le trouver en version pdf sur internet à l’adresse suivante : http://frishmael.files.wordpress.com/2010/10/daniel-quinn-ishmael-fr.pdf

Je viens de le relire, toujours avec un très grand intérêt.

Ishmaël est un gorille qui enseigne la philosophie à un humain désireux de changer le monde. Il va surtout lui ouvrir les yeux sur les fondements culturels de la quasi totalité de l’humanité (« ceux qui prennent »), en opposition avec les cultures des peuples premiers (« ceux qui laissent »).

Sous des apparences très différentes, « ceux qui prennent » partagent une vision du monde commune :

– le monde a été créé pour une seule espèce, l’espèce humaine, et celle-ci doit le soumettre ;

– l’humain est fondamentalement mauvais et même s’il connait beaucoup de choses, il ne sait pas comment vivre ; il a besoin de prophètes pour le lui dire et lui apprendre le bien et le mal ;

– la nature fonctionne selon la loi de la compétition ;

– avant la révolution agricole, la vie humaine était dénuée de sens.

Habités par cette façon de considérer la vie sur Terre,  les humains ont éliminé leurs concurrents, ont substitué leur nourriture à celle des autres espèces, ont accumulé au delà de leurs besoins, par peur (du lendemain, des autres…).  Aujourd’hui, nous continuons de plus belle, même si ce comportement est suicidaire. « Nous ne détruisons pas le monde par simple maladresse. Nous détruisons le monde parce que nous sommes, au sens propre du terme et d’une manière parfaitement délibérée, en guerre contre lui.  »

Et comme le dit Daniel Quinn dans son discours de 2002 « La nouvelle renaissance » : « Nous avons besoin de faire disparaître 200 espèces chaque jour pour maintenir la biomasse de six milliards d’individus. Ce n’est pas un accident. Ce n’est pas un peu de négligence de notre part. De façon à maintenir notre population de six milliards (et, j’ajoute : surtout le niveau de vie de 15 % d’entre eux), nous avons besoin de la biomasse de 200 espèces chaque jour. Nous sommes littéralement en train de transformer ces 200 espèces en chair humaine.
Mais beaucoup trop de gens – la plupart je crains – ont tendance à penser “ Et bien, quoi ? Les humains appartiennent à un ordre de l’existant qui est séparé du reste du monde vivant. A partir du moment où nous sommes séparés, nous nous en fichons de savoir combien d’espèces nous détruisons – et puisque de toutes façons, nous leur sommes supérieurs, en fait, nous faisons évoluer le monde en les éliminant ! ”
Nous sommes comme des gens qui habitent en haut d’un grand immeuble de briques. Tous les jours, nous avons besoin de 200 briques pour maintenir nos murs, alors nous descendons l’escalier nous retirons 200 briques des murs d’en dessous et nous les montons en haut pour notre propre usage. Tous les jours… Tous les jours nous descendons et prenons 200 briques des murs qui tiennent l’immeuble dans lequel nous vivons. Soixante-dix mille briques chaque année, année après année après année.
J’espère que c’est évident que ce n’est pas là une attitude soutenable pour maintenir un immeuble de briques. Un jour, tôt ou tard, il va s’effondrer, et alors l’appartement du haut dégringolera avec tout le reste. »

Ces réflexions me confortent dans l’idée que c’est un changement profond de vision du monde qui permettra un réel changement de civilisation.

Article présent dans la rubrique Ce qui me tarabuste, Comment on en est arrivé là.
 
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2 commentaires

  1. pierre :

    idem je l’ai prêté pas rendu réclamé perdu plus édité : merci pour le tuyau . Je le relirai avec intérêt dix ans après aussi . d »accord avec le commentaire ci-dessus +hélas illusion
    de changement possible .

    Le 20 avril 2016
  2. Vincent :

    Merci de tout cœur d’avoir partager ce lien pdf du livre Ismael le gorille.Je l’avais lu à l’école et ne parvenais plus à mettre la main dessus, il m’a inspirer pour mes prochaines sculptures.Je suis plutôt optimiste et je travaille à construire mon mode de vie en accord avec la VIE PLANÉTAIRE.Je veux être de ceux qui laissent.

    Le 13 janvier 2017

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