Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître…

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. » Ce qu’Antonio Gramsci (1891-1937) avait écrit depuis sa prison en 1929 est d’une brûlante actualité. La civilisation moderne industrielle a commencé à s’effondrer, elle ne tient plus que par sa force d’inertie, les mensonges de ses classes dirigeantes et la répression des opposants.

Une civilisation s’effondre (courbe blanche), la suivante émerge (courbe jaune)… Notre époque est à la charnière de ces deux mondes, peut-être à l’endroit où j’ai placé le trait pointillé rouge ? Ce mouvement est inéluctable, il va probablement s’accélérer avec la raréfaction des ressources (voir Devant l’effondrement d’Yves Cochet et son interview). Ce qui est inconnu, en revanche, c’est l’intensité des destructions qui accompagneront l’ensemble de cette transition : il y a dix ans, 10 espèces animales disparaissaient en moyenne chaque année, aujourd’hui ce sont 1000 espèces qui disparaissent par an… Plus la transformation prend du temps, plus ces destructions seront importantes. Inconnues aussi les conditions de vie qui prévaudront à l’issue de cette transformation majeure. Ce que vit aujourd’hui l’Australie doit ouvrir les yeux de plus en plus de gens.

Avoir en tête le schéma de ces deux courbes qui se croisent nous aide à comprendre ce que nous pouvons vivre, même à un niveau individuel, dans une période comme celle-ci. Ne pas rester focalisé seulement sur l’effondrement, agir pour aider à l’émergence du monde qui vient… Chacun avec les talents qui lui sont propres… C’est possible. Et se rappeler que « s’il y a encore des gens sur Terre dans 150 ans, ils ne vivront pas comme nous… car si c’était le cas, il n’y aurait plus d’humains sur Terre dans 150 ans » (Daniel Quinn).

Dans leur livre L’espérance en mouvement, Joanna Macy et Chris Johnstone nous montrent que nos engagements pour ce qui nous dépasse sont plus puissants que nous l’imaginons :

– des forces intérieures surgissent en nous lorsque nous nous engageons à relever des défis et montons au créneau ;

– la coopération avec les autres crée une synergie (1+1 égale plus que 2) et génère plus de puissance ;

– il existe un pouvoir subtil de petites actions dont l’impact ne devient évident qu’en prenant du recul et en découvrant le panorama auxquelles elles contribuent ;

– la vision qui nous inspire nous donne des forces.

Partout dans le monde, les consciences évoluent. Des actes qui étaient tolérés dans le passé nous révoltent aujourd’hui. Les coeurs s’ouvrent… C’est aussi cela qui émerge et qui donne espoir.

Article présent dans la rubrique Ce qui me passionne, Changement de civilisation.
 
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3 commentaires

  1. Dominique :

    Le vieux monde se meurt, le nouveau ne pourra apparaître que par nous. La zad nous donne un exemple de ce nouveau monde qu’il faut reconstruire point par point.Pourquoi les partis et organisations qui ont suivi la lutte de NDDL boudent ce qui s’y passe maintenant.C’est pas le moment de dormir sur ses lauriers. Le vieux monde de l’ayraultport est mort; un autre se construit. Venez et voyez…Cessons d’être spectateur et retroussons nos manches. Notre vie n’est qu’en survie .

    Le 8 janvier 2020
  2. JACQUES :

    Merci Geneviève de pointer là où nous en sommes dans le changement de notre monde.
    Je pense aussi que nous pouvons faire beaucoup plus que nous pensons. Sauf qu’il nous faut faire appel à l’énergie subtile qui est en nous. Il nous faut abandonner nos schémas de fonctionnement. Laisser notre énergie vitale intrinsèque entrer en action, sans chercher à la contrôler par nos peurs liées à notre égo. Lâcher prise, avoir confiance.

    Le 9 janvier 2020
  3. Yves :

    Le commentaire de Dominique nous rappelle qu’à quelques kilomètres de chez nous se vit la plus enthousiasmante des expériences. Les habitant-e-s de la zad nous montrent que le nouveau monde dont parle Geneviève n’est pas qu’une utopie. Mais la partie n’est pas encore gagnée et ils-elles ont besoin de notre soutien dans les combats menés, qu’ils soient administratifs (communauté de communes, département), ou agricoles (face aux cumulards). Le 17 janvier est la date anniversaire de l’abandon du projet d’aéroport, soyons nombreux, nombreuses ce jour-la sur la zad pour fêter ce grand moment et montrer notre solidarité avec le mouvement.

    Le 10 janvier 2020

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