Apprenez à lire à vos enfants !

Parents et grand-parents, apprenez à lire à vos enfants ! L’école n’y parvient plus correctement et cela, depuis plus de vingt ans. D’année en année, d’enquête internationale et enquête internationale, nous déplorons que le niveau des écoliers français décroît. Selon la dernière enquête en date qui a mesuré le niveau en mathématiques et en sciences d’élèves de CM1 dans une cinquantaine de pays, notre pays se classe dernier en maths et avant-dernier en sciences…

Tout commence avec les apprentissages fondamentaux, lire, écrire, compter. Nous savons maintenant que notre système éducatif marche sur la tête : 20 % des jeunes Français savent à peine lire. Si un élève n’arrive pas à lire correctement, tous les autres apprentissages lui sont beaucoup plus laborieux. Il est amené à développer des stratégies complexes et épuisantes pour tenter de suivre médiocrement le niveau de la classe. De nombreux livres décrivent ce désastre et la souffrance qu’il engendre à long terme chez les enfants, les parents et les enseignants.

Il y a, à mon avis, deux causes principales à ce que l’on devrait qualifier de catastrophe nationale.

La première c’est l’introduction de méthodes dites « modernes » qui ont cassé ce qui marchait précédemment. Dans l’apprentissage de la lecture, c’est l’abandon de la méthode syllabique traditionnelle (dont l’efficacité est pourtant démontrée par l’étude du fonctionnement du cerveau, voir par exemple les travaux de Stanislas Dehaene), au profit de la méthode globale, puis mixte, dont l’efficacité est bien moindre.

Dans son livre « Mais qui sont les assassins de l’école ? », Carole Barjon interroge plusieurs responsables de l’introduction de ces méthodes nouvelles désastreuses. Aujourd’hui, plus de 20 ans après leur introduction, la plupart de ces responsables conviennent de l’échec de ces méthodes. Espérons que cela permette enfin de corriger le tir. Cela a d’ailleurs été fait dans d’autres pays, sans attendre aussi longtemps : en Angleterre par exemple). En France, pour l’instant, ce n’est pas gagné : la Ministre de l’éducation nationale impute les déplorables résultats des élèves français aux choix du gouvernement précédent…

De mon côté, j’ai mesuré la résistance des « super-profs » : ceux qui forment les futurs enseignants dans les Espe (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation, ayant remplacé les IUFM). En 2014 et 2015, j’ai participé à un groupe de travail avec six enseignants de l’Espe de Nantes sur le thème de l’apprentissage de la lecture. Pour eux, pas question de  méthode de lecture syllabique en classe ! Vieillotte et inintéressante ! Ils considèrent qu’apprendre à lire est quelque chose d’extrêmement complexe et qu’il faut former les futurs enseignants à cette grande complexité ; ils manient un vocabulaire très compliqué pour bien montrer que ce n’est pas simple. Le groupe de travail a été arrêté en cours de route mais notre rapport intermédiaire (6 pages + 6 pages d’annexes) est instructif et enrichit bien ce billet.

La deuxième cause principale de ce désastre est la dureté de notre système scolaire, vécu comme une contrainte pénible par des élèves de plus en plus nombreux. Deux jeunes gens en parlent très bien et montrent qu’il est possible de faire autrement : Céline Alvarez, institutrice qui a eu des résultats formidables avec une classe de jeunes enfants (sa conférence vidéo de 14 minutes) et Idriss Aberkane, neuro-ergonome, qui nous montre les immenses facultés du cerveau et ce qui nourrit la connaissance : avoir envie, donner du temps et de l’attention. Sa conférence dure 2h15 mais elle est passionnante.

En attendant que les choses changent de manière positive dans l’enseignement en France, parents, grand-parents, apprenez à lire à vos (petits) enfants ! Les institutrices vous diront de ne pas le faire… Tant pis. Un enseignant de classe de 3e a un jour demandé à ses élèves : « qui a appris à lire à la maison avec un parent ou grand-parent ? » Ceux qui ont levé la main étaient ceux qui étaient les plus à l’aise en classe.

Dans les librairies, les méthodes syllabiques d’apprentissage de la lecture fleurissent et certaines ont déjà épaulé plusieurs générations (la fameuse méthode Boscher !).

Article présent dans la rubrique Effondrement de l'enseignement.
 
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1 commentaire

  1. Geneviève :

    De la part d’un prof de maths en région parisienne : « Dans mes classes de quatrième, sur 24 élèves, il y a en moyenne 5 élèves seulement qui ont le niveau requis, 6 dont le niveau est extrêmement faible (inférieur au CE2) et tous les autres ont un niveau faible (6ème environ). »

    Le 5 décembre 2016

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