Femme en politique : pas évident

 

 

Dans un échange entre candidatEs Europe Ecologie Les Verts pour les prochaines législatives, Marie Labat, candidate sur la 2e circonscription de Haute Vienne a partagé ce ressenti dans lequel je me suis assez bien retrouvée. J’imagine que d’autres aussi.

« Du fin fond de mon Limousin, je m’aperçois que nous, les femmes engagées en politique, l’avons toutes fait en traînant les pieds, parce que les hommes sont venus nous chercher, soucieux de respecter l’engagement de parité de notre parti. Mais ensuite, nous avons du mal à nous comporter en mecs. Ainsi, quand il faut se montrer, jouer des coudes pour être sur la photo, nous hésitons et nous retrouvons très vite derrière un mur d’épaules masculines. Si la presse ou la télé viennent poser des questions, très vite ce sont les candidats hommes qui prennent le crachoir, et nous les laissons faire, pas plus embêtées que ça. De plus, les journalistes tout naturellement, tendent leurs micros vers les hommes. J’ai la chance d’être grande et d’avoir pris conscience du truc. Mais, à chaque fois, malgré ma stature, je suis obligée de me forcer pour m’imposer car je n’en ai pas envie particulièrement et préfère rester en arrière à papoter avec les autres filles. Je ne présente pas cela comme une critique mais je remarque que nous avons mis les pieds dans un jeu de mecs dont nous connaissons mal les règles et sans avoir vraiment envie de jouer selon ces règles, par dessus le marché.

N’y aurait-il pas quelque chose à faire (mais quoi ?), pour encourager les hommes à se pousser un peu ? Je ne leur fais pas reproche de leur culot et de leur énergie, pas du tout. C’est sans doute à nous de mieux nous rendre visibles et de mieux nous imposer. Mais comment faire quand on n’en a pas vraiment envie, quand on garde au fond de soi l’idée du côté un peu dérisoire et comique de cette foire d’empoigne ?

Bref, je suis assez confuse sur tout ça. Et je m’interroge : comment oser s’imposer, prendre la parole avec autorité et conviction, comment oser la garder sans se sentir mal élevée, sans être tout le temps tentée d’écouter et de commenter plutôt que d’affirmer son discours propre ? »

Je ressens moi aussi ce monde de la politique comme un monde très masculin, un monde basé sur les rapports de forces, et ça ne m’intéresse guère de rentrer dans ce jeu. Depuis que j’en fait partie (par la vertu du scrutin de liste des Régionales qui est favorable au rééquilibrage entre hommes et femmes), j’ai constaté que nous pouvons nous faire respecter dans ce monde en restant ce que nous sommes, en travaillant sérieusement, en affirmant nos convictions, en sachant écouter et travailler collectivement. Ce sont des valeurs de la civilisation qui émerge pour remplacer celle qui se termine, privilégions-les ! Tout en sachant que l’élection législative qui se prépare, scrutin uninominal, n’aide pas à cette nouvelle dynamique. Il est probable qu’au final, l’Assemblée nationale comptera toujours nettement plus d’hommes que de femmes.

Article présent dans la rubrique Ce qui me passionne, Nouvelles façons de travailler.
 
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