La beauté est dans les yeux de celui qui regarde

« La beauté est dans les yeux de celui qui regarde » : c’est Oscar Wilde qui l’a dit. C’est tellement vrai ! Nous avons le pouvoir immense de choisir ce que nous mettons dans nos yeux pour regarder le monde et les autres. Il y a quelqu’un dont le regard est extraordinaire, c’est Christian Bobin. Chacun de ses livres m’éblouit. Dans « L’homme joie » son dernier livre, il nous fait partager son regard sur son monde ; voilà ce qu’il dit sur son père atteint de la maladie d’Alzheimer : « Quand mon père ne savait plus rien de moi, il savait encore qui j’étais, je le sentais, je l’éprouvais et ce qu’on éprouve est plus grand que tout ce que nous dit la science. Ne trouvant plus les prénoms, il rusait. Interrogé sur moi, il répondait: « c’est celui qu’on n’oublie pas », et sur ma mère : « c’est la meilleure ». Ces oublieux n’oublient rien d’essentiel. C’est ce qui les distingue de nous. »

Récemment, je rencontrais un bon nombre de nouvelles personnes, certaines avec qui le courant passait vite et d’autres bof. Parmi ces dernières, l’une d’entre elles était vraiment défigurée par une maladie de peau que je connaissais. J’ai passé un petit moment avec elle à parler de choses et d’autres, me sentant gênée à la regarder. Et voilà qu’au moment du diner, nous nous retrouvons face à face. Gênée au début, je suis finalement sortie des sujets conventionnels, je l’ai interrogée sur sa maladie, je l’ai écoutée et lui ai donné des pistes de recherche d’amélioration. Nous avons eu un échange sérieux et profond. Après coup, j’ai réalisé que suite à ce choix, mon ressenti avait été complètement transformé : pas de gêne et presque un oubli de l’aspect de son visage, je la voyais autrement, je regardais ses yeux et nous échangions vraiment, sincèrement.

J’ai aussi réalisé que ce n’était pas la première fois que cela m’arrivait et que finalement j’avais trouvé un « truc » pour changer mon regard : échanger sincèrement, de coeur à coeur. Reste qu’il y a encore des contextes où je ne me sens pas de le faire… je ne m’étonne plus trop de n’y trouver alors guère de beauté !

 

Article présent dans la rubrique Ce qui me passionne, Evolution des consciences.
 
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4 commentaires

  1. Myrose :

    Je suis d’accord avec cette citation d’Oscar Wilde…

    Le 25 décembre 2015
  2. christian :

    Sans notre regard les choses n’ existent pas c’ est notre regard qui donne de la vie et de la beauté a tout ce qui nous entoure

    Le 29 novembre 2016
  3. Pat :

    Nous voyons ce que nous voulons bien voir. C’est pourquoi les avis divergent tant sur le sens de la Beauté !

    Le 13 octobre 2017
  4. Serge P. :

    Désaccord absolu !
    N’en déplaise à Oscar, il est des beautés universelles qui s’imposent dans toutes les directions ; éternelles parce qu’elles sont vraies depuis le premier jour ; souveraines parce qu’il n’est jamais venu à quiconque l’idée de les discuter. Leur beauté, comme une flèche, nous va droit au cœur sans passer par le crible de nos sens. Elle caresse la harpe placée en chacun de nous. Résonne-t-elle qu’aussitôt l’émotion nous submerge. Pourquoi ce beau inconditionnel existe-t-il ? Pour nous donner envie d’être meilleur ! (vous cherchiez la définition de l’art, maintenant vous l’avez !) Certaines sont le fait de la nature et d’autres celui des hommes. Ceux-là seulement sont des artistes que la grâce touche quand ils créent.
    Derrière eux, loin derrière, viennent les créateurs. Ceux-là produisent des œuvres sur lesquelles l’aphorisme s’applique parce que leur beauté est subjective et discutable. Le malheureux Van Gogh n’a jamais vendu une seule de ses œuvres de son vivant ; aujourd’hui « Les Tournesols » n’ont pas de prix. On peut aimer Picasso et Braque et Mondrian ou les détester tout aussi radicalement. Ce ne sont que des créateurs, pas des artistes. La beauté de ce qu’ils créent n’existe effectivement pas en dehors du regard de celui qui les apprécie.
    Mille fois la pluie fait naître ici et là le même arc-en-ciel toujours renouvelé, et pourtant, quoique qu’il soit répandu et bon marché puisqu’il s’ouvre au-dessus du riche comme de l’indigent, toujours nous le regardons avec le même émerveillement. Cet émerveillement n’a pas changé depuis le premier australopithèque il y a 4,2 millions d’années. Les Aurochs qu’ils dessinaient sur les parois étaient beaux pour eux, ils le sont encore pour nous. Les deux mains de Michel-Ange dans le ciel de la chapelle Sixtine sont parfaites et le souvenir de leur pureté demeure dans notre œil lorsque nous les quittons. Le silence qui suit l’Ave Maria de Schubert est encore du Schubert. Pour toujours.

    Le 19 octobre 2017

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