Pause mondiale !

Un virus, minuscule être vivant, vient de provoquer une immense pause mondiale, dont des effets positifs pour l’état de la planète ont été rapidement visibles : diminution de la pollution et des émissions de gaz à effet de serre.

L’activité économique est aujourd’hui réduite au minimum, les fondements du néolibéralisme vacillent… Une crise financière débute… qui serait arrivée de toutes façons, étant donné qu’aucune leçon n’a été tirée de la crise de 2008 et que des « actifs pourris » continuent de circuler en masse dans les établissements financiers.

Il est très impressionnant de réaliser que nous sommes tous touchés dans notre quotidien par ce qui arrive : de la personne malade, à l’élève sans école, à ses parents, en passant par le travailleur indépendant sans revenu, par le migrant encore plus démuni ou par la personne retraitée sans plus aucune activité… A part les soignants et certains autres actifs dont l’activité a redoublé d’intensité, la plupart des gens se retrouvent « en mode pause » comme on dit, tout comme le pays, comme une grande partie de la planète… Une façon de prendre conscience de notre unité ! Une occasion donnée à chacun pour se retrouver, se recentrer, revoir ses priorités…

Vous connaissez peut-être l’expérience suivante menée par un professeur avec ses élèves. Il les place devant un bocal et une certaine quantité de sable, de gravier et de gros cailloux. Il leur demande de remplir le bocal en commençant par le sable, puis le gravier, puis les gros cailloux. Résultat : peu de gros cailloux peuvent entrer dans le bocal déjà bien rempli. Ensuite, on recommence l’expérience en commençant cette fois par les gros cailloux, puis le gravier, puis le sable : tout rentre car le gravier puis surtout le sable, se glissent dans les interstices laissés par les gros cailloux. Conclusion : dans notre vie, il vaut mieux faire de la place d’abord pour les choses importantes, les autres trouveront à se placer ensuite.

Cette démarche, chacune des personnes « en pause » peut la faire, choisir de donner de la place à ce qui est important à ses yeux. La société est invitée à le faire également et quel cadeau serait alors ce petit virus s’il nous donnait l’occasion de nous transformer, individuellement et collectivement ! Même E. Macron semble avoir changé, reconnaissant par exemple qu’il existe « des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché » (mais qui croit encore qu’il parle vrai ?). Le gouvernement a même trouvé 300 milliards d’aide aux entreprises et aux salariés alors qu’il répétait depuis des mois ne rien pouvoir débloquer pour les chômeurs, les bas salaires, l’hôpital, l’enseignement, la recherche, la transition écologique, etc.

Nous sommes peut-être entrés dans la période de l’effondrement dont parlent Yves Cochet (j’en parle ici) et quelques autres. Une autre société en sortira. A chacun de mettre à profit ce temps de pause pour la rêver et participer à la mettre en place en revisitant ses valeurs, en ayant conscience de l’unité du monde. Unité aussi avec le virus avec lequel nous n’avons pas à être « en guerre » mais en interactions intelligentes pour le plus grand profit de la Vie. En sachant que ce que je fais à l’autre, c’est à moi que je le fais (et réciproquement).

Enfin, dans ce que nous vivons aujourd’hui, je suis reconnaissante du fait que fonctionnent le système électrique, le téléphone, internet… Nous restons en communication, nous pouvons prendre des nouvelles les uns des autres, nous informer. C’est précieux.

Article présent dans la rubrique Ce qui me passionne, Changement de civilisation.
 
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6 commentaires

  1. Dominique :

    Quelle saveur nouvelle cela avait ce soir de parler un peu avec mon voisin!
    Oui, et comme la nature semblait être paisible de cette pause de l’humanité. Elle respire alors que des êtres humains s’étouffent, manquent du souffle de la vie, de la liberté, de l’amour et du divin. Mais dans le manque et l’intériorité, on le retrouvera, on écoutera le nouveau enfin.

    Le 17 mars 2020
  2. Donatien :

    Il faudra bien qu’un jour on en vienne à zéro croissance. Si on ne le fait pas nous-même, Dame Nature se chargera de nous renvoyer à la préhistoire.

    Le 17 mars 2020
  3. Marcel :

    En ces temps de sinistrose : journal d’un confiné heureux du 18 mars 2020
    Pour certains l’arrivée de ce virus est une menace, pour moi c’est devenu une opportunité.
    Notre planète terre : la terre qui nous accueille souffre, mais le monde jusqu’à aujourd’hui s’en moquait.
    Privées de bateaux, les eaux de Venise ont retrouvé leur transparence.
    Privé d’automobiles, l’indice de l’air n’a jamais été aussi bon.
    Le ciel respire enfin avec 90 % des avions à l’arrêt.
    Notre devise « Liberté égalité fraternité » ne voulait plus rien dire pour chacun d’entre nous. Certes nous avons perdu provisoirement notre liberté, mais nous avons retrouvé notre fraternité, et c’est peut-être ça le plus important.
    Le personnel soignant en première ligne n’hésite pas à se sacrifier.
    Le peuple dans les immeubles sort sur ses balcons pour les applaudir. L’État qui depuis 10 ans était autiste à toutes les plaintes du manque de ressources de l’hôpital public, s’aperçoit soudainement que ce poste est peut-être plus important que celui des armées. Il est enfin prêt à débloquer 45 milliards et à « dépenser sans compter » comme dit notre ministre des comptes publics. Il serait bon de payer enfin les heures supplémentaires des soignants qui avec une totale abnégation sont en première ligne…
    L’Etat vient enfin au secours des GME mais aussi et surtout des TPE à court de trésorerie.
    Agnès Buzin ex-ministre de la santé, s’aperçoit qu’il eut été préférable qu’elle démissionne face au risque de pandémie du Coronavirus pour ne pas avoir été entendue par Macron.
    Hier matin en faisant mes courses dans un supermarché, je n’ai jamais de ma vie dialogué avec autant de personnes que je ne connaissais pas et du coup faire la queue devenait un plaisir !
    Il y avait plus de monde dans les caisses pilotées par un être humain que dans les caisses automatiques, chaque personne confinée éprouvait le besoin de dialoguer.
    La famille :
    Mes petits-enfants sont heureux à temps plein avec leurs parents qui sont à la maison en télétravail, les parents eux redécouvrent les manuels scolaires, ils prennent le temps eux aussi d’être dans leur rôle d’éducateurs, rôle qui a peut-être aussi été trop souvent délégué aux enseignants.
    Sur le multi-libéralisme : nous avions déjà perdu notre souveraineté numérique avec les Américains, la parité Euro / dollars à 1,10 est enfin à sa bonne valeur.
    Nos industries et notre savoir-faire glissaient inéluctablement vers la Chine, demain ce réveil brutal fait que nous allons enfin relocaliser. Le seul moment où l’Europe a fait bloc face aux menaces vient d’arriver, la fermeture de l’espace Schengen.
    On redécouvre les vraies valeurs de la vie :
    Elles sont en train d’éclore à nouveau ; tout homme aime à vivre en société, confiné il redécouvre ce besoin. Nous avons besoin de la compagnie de nos semblables, Internet et la téléphonie mobile couvrent en partie ce besoin.
    La satisfaction de nos besoins physiques, mentaux ou affectifs est bien supérieure à celle de nos finances. La bourse a perdu 20 % et alors !
    Malgré la multiplication des rapports sur le réchauffement climatique, le monde continuait à consommer, et la croissance n’était là que pour assouvir les besoins de la finance internationale et l’augmentation du capital des plus fortunés.
    L’explosion et la catastrophe était inéluctables, ce ne sont pas les gilets jaunes , mais la nature qui a gagné, les inconscients qui prenaient le dérèglement climatique à la légère ont perdu.
    Je fais confiance à dame nature pour reprendre face à cette catastrophe virale le dessus sur l’homme et réguler ce que nous avons déjà suffisamment perturbé avec les organismes génétiquement modifiés et l’abattage sans compter des forêts, ce qui ne fait que contribuer le développement microbien.
    Le propre du vivant n’est plus de participer à cette course infinie à la croissance mais de trouver les ressources pour s’adapter aux limites de notre planète. De changer de paradigme et de passer d’une jouissance de l’avoir à une jouissance de l’être.

    Cela ne doit pas nous empêcher d’être heureux, nous avons le meilleur système de santé du monde et pour une « guerre virale », nous sommes nettement mieux armés que les Américains ou les Chinois.
    Amicalement
    Marcel

    Le 19 mars 2020
  4. jean marie :

    c’est vrai que ce qui arrive a de bons côtés pour la planète
    mais je vais être un peu rabat joie
    çà a de très mauvais côtés pour ses habitants!
    les anciens fonctionnaires ne se rendent peut être pas compte de ce que c’est que d’avoir une entreprise qui ne tourne pas
    (un cas au hasard mon ex entreprise cédée il y a 18 mois ouf!)
    on ne dort pas la nuit, avec la perspective de mettre à pole emploi les 40 personnes qui depuis 20 ans travaillent avec vous et vous font confiance
    en plus on perd tout, du fait des garanties qu’on a données en faisant des emprunts
    la bourse a baissé de 20%? non elle a baissé de 40% (je m’en moque: j’avais vu le coup venir)
    qu’est ce que çà veut dire?
    la bourse, c’est de l’épargne accumulée, donc les épargnants (assurance vie, etc…) ont vu une bombe tomber qui a détruit 40% de leur maison…
    les avions ne volent plus? c’est très bien!
    mais il faut aussi penser à ceux qui les font voler, qui les entretiennent, les conçoivent et les construisent… Sans parler des centaines de millions de gens qui tout autour de la planète dépendent directement ou indirectement du tourisme.
    ils vont crever de faim en profitant j’espère d’une planète qui ira un peu mieux…
    le mode pause, c’est bien, mais si on ne trouve pas de solution pour en sortir rapidement, çà va conduire à de gros désastres!
    ceux qui ont de la mémoire se souviennent qu’après la crise de 29, les gouvernants n’ont rien fait « c’est très bien, le système s’assainit de lui même »
    et on a récolté des régimes totalitaires ,la course aux armements et la deuxième guerre mondiale.
    le prix NOBEL a celui qui trouve le mode pause sans explosion du chômage!
    perso, je n’ai qu’une confiance limitée en dame nature pour régler le problème!
    l’effondrement, s’il n’est pas piloté, çà peut faire des centaines de millions de morts!
    l’histoire de l’humanité ne renferme pas beaucoup d’exemples d’effondrements qui se soient bien passés…
    les transitions évolutions et réformes ont un meilleur bilan!

    Le 21 mars 2020
  5. Geneviève :

    De toutes façons le système économique actuel a déjà provoqué une catastrophe (à plus petits feux certes) pour l’humanité (et pas seulement). Une évolution très importante est nécessaire si nous voulons éviter le pire. Bien sûr que de cette crise sanitaire peuvent découler des catastrophes économiques et sociales mais elle peut aussi nous ouvrir les yeux pour nous permettre de changer de système économique. C’est un défi majeur mais il est là de toutes façons, coronavirus ou pas, comme le dit Donatien. Un revenu de base par exemple permettrait de mieux supporter les pertes d’emplois, une nouvelle constitution, écrite par des citoyens tirés au sort, devrait nous permettre une nouvelle organisation politique plus démocratique et égalitaire, etc, etc.
    Je conclus par cette citation fort appropriée : « Vint le moment où il ne fut plus possible de revenir à la normale car il devint clair que la normale était ce qui avait généré le problème que l’on essayait de résoudre. » (je ne connais pas son auteur).
    Haut les coeurs !

    Le 21 mars 2020
  6. Geneviève :

    Extrait d’un interview d’Erik Orsenna (La Croix, le 17 mars 2020) : « Mon voeu serait que cette épidémie soit l’occasion de renouer avec cette unité de la vie, mais aussi avec la fraternité et le savoir »

    Le 23 mars 2020

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